CORRIGE COMPOSI-LION 2018 




EN AVANT LA MUSIQUE


Pourrait-on imaginer une journée sans chanson(s) ? Un adolescent privé plusieurs jours de son baladeur MP3 ? Que serait un film dépourvu de  fond sonore ? Pour preuve, au(x) début(s) du cinéma, les salles de projection s’étaient assuré les services de pianistes accompagnant les cabrioles  sur l’écran d’acteurs muets. Même les meetings politiques mettent en scène l’arrivée sur l’estrade de leur(s) leader(s) à grand renfort d’hymnes prestigieux ou de flonflons populaires. En France, lors de son baptême, lorsqu’un paquebot quitte l’amarre, c’est toujours au son d’une fanfare,  plus ou moins étoffée, qui interprète, naturellement, la Marseillaise. Il faut sans doute remonter loin dans notre vie, et plus encore dans l’histoire des hommes, pour expliquer notre attrait pour  la musique. Comme les sœurs jumelles, célèbres héroïnes cinématographiques de Rochefort, que leur maman avait enchantées par de douces berceuses ou comptines, beaucoup d’enfants ont ainsi, dès leur(s) premier(s) jour(s), goûté l’émoi du chant, de son rythme et de ses cadences (Fin juniors). J’aime penser que, par exemple au seizième siècle, les solistes de l’abbaye de Port-Royal, qu’on avait écoutées religieusement lors de l’office du matin, ont  quelque peu adouci les mœurs souvent mal dégrossies de l’époque. Et pensez-vous que les chorals que Bach a composés aient, de son temps, laissé de marbre, dans les temples, les fidèles participant au culte protestant ? J’entends, avec émotion, ces gauchos, entonnant, dans les bouges argentins, ou au bord du feu de camp dans les llanos, des mélopées envoûtantes. On pourrait multiplier à l’envi les séquences de notre concert virtuel ; pour autant, il n’était pas sans intérêt que le début de ce pot-pourri nous invitât à remonter plusieurs siècles en arrière (Fin). Et vous, les experts, laissez-vous conduire à Bavay, au sein de ces affrontements où nos valeureux ancêtres, les Nerviens, braves pioupious de l’époque, telles des harpies ferraillant dans des anime japonais, torque au cou, mèches bouclées en bataille, se ruaient à l’assaut des légions romaines ; imaginez  leurs chants virils et gutturaux ; et écoutez encore, voici plus de deux mille ans, dans les plaines de Mésopotamie, les paysans akkadiens, étiques et au(x) visage(s) hâve(s), épuisés tant par les travaux agraires que par le soleil torride, s’encourager en psalmodiant des prières rituelles à la prosodie mélodieuse. Alors, oui, vraiment, en avant la musique !